Du même thème
Recherche

accès rapide
DPean3.jpg
3110

Péan Daniel : Histoire du premier pilote de motocross Français vainqueur en Grand Prix. Partie 3


21/02/2013

Les derniers exploits d'un authentique champion.

Par Dilhat
Pilote Français
Paradoxalement, c’est un retour aux sources que le triple champion de France opère en 1982. Aidé par Kawasaki Motor France (la Sidemm; plus exactement), il décide de s’aligner de nouveau dans la catégorie des 250cc.

Le champion en titre, Patrick Fura ayant effectué le chemin inverse, le principal concurrent de Daniel Péan en cette année 1982 sera le redoutable Jacky Vimond. Jeune espoir du motocross français et mondial, trois fois couronné en catégorie 125cc, le Normand décide de piloter une 250 Yamaha en marge de sa campagne mondiale, toujours disputée en catégorie 125cc, qu’il conclura par ailleurs avec une remarquable 6e place au classement final.

Grand favori, Vimond s’impose sans coup férir lors de l’ouverture et, s’il laisse le commandement � Péan lors de la seconde épreuve qu’il ne dispute pas (concurrence de date avec un GP125), Jacky ne compte qu’une poignée de points de retard – Daniel ayant connu un abandon d’origine mécanique lors de l’une des 2 manches – sur le leader, et l’on imagine qu’il va reprendre sans souci sa domination.

Une fois encore, Daniel Péan va déjouer tous les pronostics en faisant jeu égal avec Vimond, l’un et l’autre se partageant les succès sur les épreuves suivantes, et c’est au coude � coude qu’ils abordent la finale disputée sur le circuit de Pernes-les-Fontaines. Cette épreuve qui devait conclure en apothéose le duel entre les deux pilotes sera finalement marquée par la noire malchance de l’homme en vert. Victime d’une succession de crevaisons, Daniel ne termine aucune manche et voit s’envoler ses espoirs de renouer avec une couronne nationale...

Sur le plan international
, cette saison marque également les derniers exploits d’un Péan revigoré par son retour en 250cc. Participant � bon nombre de Grand-Prix avec des moyens très réduits, Daniel verra s’envoler de nombreux points et des places d’honneur � la suite d’ennuis mécaniques divers, ainsi en Italie et en Finlande où il figure � chaque fois dans le peloton de tête.

Une fois pourtant, la malchance daignera lui accorder un répit : lors du Grand-Prix de France 1982 disputé � Corseul, en terre bretonne, le pilote Kawasaki signera son dernier coup d’archer avec une première manche de toute beauté.

S’élançant parmi les leaders, Daniel prend le commandement de la course et résiste en tête jusqu'� l� mi-course. Dépassé par Hans Maïsch (pilote officiel Maïco et ancien patron de Daniel !) et le futur champion du monde, l’Américain Danny Laporte, Daniel résiste finalement au retour du Britannique Watson (une vieille connaissance) pour s’adjuger une admirable 3e place sous les ovations d’un public acquis � sa cause.

Mille fois hélas, le second débat le verra une nouvelle fois rattrapé par le mauvais sort, une crevaison le privant d’un excellent résultat alors qu’il lutte de nouveau avec les hommes de tête…

Le Super Championnat de France, nouvellement créé par le Fédération française de motocyclisme et qui voit s’affronter en 250cc l’ensemble des meilleurs Français toutes catégories confondues, s’achève sur une honorable 4e place finale au guidon d’une machine passablement usée et confirme le quatuor maître du motocross français de ces années-l� : Bruno, Vimond, Fura et Péan.

1983 marque la dernière vraie saison de Daniel Péan en tant que pilote professionnel. Toujours équipé d’une 250 Kawasaki avec un soutien encore plus limité de la part de l’importateur, l’ex-numéro un français fait figure de favori d’un championnat de France privé de son champion en titre, Jacky Vimond étant passé en catégorie 500cc.

Manquant de très peu de s’imposer lors de la première épreuve, Daniel fait néanmoins bonne impression et beaucoup pensent que le titre ne lui échappera pas, malgré l’opposition féroce des Boniface, Kervella (champion de France 125 en titre), Gervaise, Baron et du néo-Français Jean-Paul Mingels, ex-pilote belge, vainqueur de Grand-Prix, tout juste naturalisé et venu tenter une nouvelle aventure dans l’Hexagone.

Hélas, la suite ne sera pas du même tonneau, et Daniel Péan achèvera ce dernier exercice � une modeste 5e place finale.

Invité en Nouvelle-Calédonie lors de l’intersaison 1983-84 pour y défier les meilleurs pilotes du Pacifique, Daniel se fracturera le fémur, blessure qui mettra un terme quasiment définitif � sa carrière. Une participation pour le fun au supercross de Paris-Bercy fin 1985, au championnat de France Open inter nouvellement créé en 1986 et enfin au tout nouveau championnat de France de Supercross - Discipline pour laquelle Daniel avait fait montre d'un enthousiasme et d'un certain talent des 1981 - lui permettront une dernière fois de se mesurer � ses anciens rivaux comme � la jeune garde du motocross français, mais les résultats enregistrés relèveront de l’anecdote…

Une page s’est donc tournée pour Daniel Péan dans le motocross français et elle relate désormais les exploits d’un pilote avenant, populaire et courageux qui aura ouvert la voie � ses compatriotes en devenant le premier pilote Français � triompher en championnat du monde. Son héritage, nous allons le découvrir, ira probablement au-del� de ce que ses contemporains pouvaient alors imaginer…

Photo : archives MCThomer

Vos commentaires
Articles du même thème